L’ASBBE était invitée et présente à l’église Saint-François, vendredi 20 février 2026.
Thierry, membre du comité, la représentait et nous fait un retour sur cette journée.
Dans le cadre du carême œcuménique, Jean-François Ramelet et l’Esprit Sainf organisaient du 20 au 22 février 2026 une série de rencontres à l’Église Saint-François, Lausanne sur le thème:
Semer l’Avenir… avec une relecture métaphorique du texte du Bon Grain et de l’Ivraie.
L’ASBBE a été conviée par Yann Mingard, photographe et horticulteur, présent au moment de l’expulsion des activistes des bois de Ballens en juin 2024. Il est sensible à notre engagement.
Étaient également invitées, entre autres, les entreprises Orllati et Holcim, qui n’ont pas répondu favorablement.
Ce qui suit est un résumé non exhaustif et personnel des deux premières Rencontres de la Zizanie du vendredi soir.
Les personnes présentes étaient de profession et cultures diverses, croyantes ou non; l’idée est d’ouvrir le dialogue à partir de l’exercice de la Zizanie. Yann Mingard et Eric Vautrin ont proposé que nous posions nos questions par écrit et prenions part à la discussion de manière spontanée. Ils ont fait circuler la parole de manière organique, comme nous y invitaient les propositions artistiques, scientifiques, bibliques et poétiques.
Nous avons été invités à nous déloger de nos « entre-soi », nous rendant funambules sur le fil des rencontres.
- Qu’est-ce qu’un sol riche?
- Peut-on laisser mourir des graines?
- Le bon grain et l’ivraie ont-ils les mêmes besoins d’eau?
- Qui décide ce qui est le Bon Grain et qui est l’Ivraie?
- La ZIZANIE maintient-elle le Vivant?
- Est-ce que l’homme doit être au centre?
Malgré ou grâce à la diversité des cultures, des croyances, des générations bien représentées, des milieux sociaux, nous nous sommes écoutés et rejoints partiellement sur plusieurs points, la plupart du temps dans une vision holistique.
Les biodiversités végétales, écologiques et sociales sont indispensables à la santé du Vivant. Des contre-exemples furent cités en relation avec les monocultures de céréales, d’arbres ou de champignons qui montrent un appauvrissement et un étouffement dans un système fermé.
Une participante agricultrice et politicienne a relevé la pertinence de sélectionner les semences pour éviter la propagation de certaines maladies des plantes, une vision de l’agriculture que je ne partage pas.
Il a été mis en évidence l’importance de la circulation de l’eau, de l’air et des êtres vivants sur et dans le sol, ceci pour le maintien de la santé et de l’équilibre de tous les organismes présents. (par exemple, l’utilité des vers de terre et des bactéries).
De même, la circulation de la parole entre les humains, vécue comme une écologie relationnelle, nous permet de sortir des cercles connus dans lesquels nous nous appauvrissons et nous endormons.
L’occupation des Bois de Ballens par des jeunes activistes en 2024 est un exemple concret d’un réveil des consciences et d’un déplacement des croyances.
Une ZIZANIE qui maintient le Vivant.
Et si donc, une forme de ZIZANIE allait faire partie de Semer l’Avenir?
Il est important de nous interroger si nous agissons selon nos propres intérêts et l’exploitation sans limite de la Terre ou au nom de la Vie. Et dans quelle mesure c’est la peur ou/et l’espoir qui nous motive(nt).
Une jeune femme a mis en lumière la réflexion et le travail d’une jeunesse investie dans la recherche de solutions concrètes au maintien du Vivant, comme nous avons pu le constater lors de conférences et rencontres en lien avec la sauvegarde de la forêt du Sépey.
La violence fait partie du monde, de nous-mêmes. Il nous a semblé important de la regarder en face, afin de pouvoir opérer un retournement conscient de cette énergie pour la mise en œuvre de nos actions concrètes, avec le maintien du Vivant comme objectif.
Il a été évoqué l’image de l’obscurité qui est plus dense juste avant l’aurore.
J’ai retenu quelques pistes suggérées.:
- semer l’avenir avec des semences et des essences d’arbres diversifiées, adaptées,
- sortir de la monoculture et de la recherche du profit à tout prix.
- prendre soin des sols (qui recèlent selon un scientifique présent un grand nombre de bactéries encore inconnues), de l’eau et de l’air, en étant conscients de nos limites et de celles des systèmes de savoir actuels.
- chercher et réintroduire d’anciennes techniques qui sont plus adaptées à nos environnements (exemples des constructions en bois, en Pisé, en pailles…), des alternatives au béton, à la mobilité ,…
- sortir de la vision occidentale, patriarcale et capitaliste pour aller vers une « Écologie intégrale », telle que proposée par le Pape François, avec un partage des ressources naturelles et une attention plus soutenue aux personnes exclues de notre société et / ou défavorisées.
- dans ce sens, accorder plus d’attention aux réflexions et actions de jeunes motivés pour l’écologie et investis dans des recherches de solutions qui peuvent nous faire sortir de nos convictions, de nos modèles et soutenir leurs actions concrètes.
L’ASBBE, de par son engagement et la diversité de ses membres, de ses racines et de ses actions, forme un réseau essentiel à la préservation active de la forêt du Sépey.
À l’image d’une forêt et de ses sous-sols, notre Association participe au maintien de l’environnement naturel essentiel à la vie et rejoint d’autres actions souterraines ou visibles à mettre en priorité partout où c’est possible.
… Maintenant…
Une Zizanie qui fait sens.
Thierry